la France tente de serrer la bride


pDurcissement de la loi, plainte pour escroquerie, esquisse d’un cadre professionnel : la pression monte pour réguler le secteur des influenceurs en France, les hommes et les femmes prenant en sandwich les stars des réseaux sociaux au cœur de nombreuses polémiques.

L’enjeu est de mettre fin au “contrôle de la forêt” et au “vide juridique”, mercredi les représentants Arthur Delaporte (PS) et Stephen Wojetta (App. Renaissance), ont présenté leur projet de loi général.

Elle prévoit entre autres de créer un statut juridique pour les influenceurs et de leur interdire de promouvoir certains produits (médicaments, placements financiers, etc.).

Le texte sera examiné par l’Assemblée d’ici la fin du mois de mars.

Lundi, c’est le collectif AVI (Aide aux victimes d’influence) qui a annoncé l’engagement de poursuites judiciaires par des dizaines de personnes, notamment pour « escroquerie » et « abus de confiance ».

Ils pensent avoir été dupés en investissant dans des produits financiers promus par des influenceurs bien connus, dont le couple Mark et Nade Blata.

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milliard

Ces annonces font suite quelques mois après le début d’un conflit très médiatisé l’an dernier, qui a semé le secteur dans la tourmente : il oppose le rappeur Buba et la patronne de la grande organisation influente Shana Events, Magali Barda.

Le premier reproche au second de favoriser la fraude (marchandises non réceptionnées, produits non conformes, etc.) ; En retour, elle l’accuse de cyberharcèlement. Le tribunal a ouvert deux enquêtes.

Dans la foulée, le gouvernement a lancé en décembre une série de rencontres et une consultation publique visant à de meilleures pratiques réglementaires. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire rendra compte de toute décision d’ici mars.

Ces polémiques ont permis au public de voir la notion d'”influenceurs” sous un jour nouveau, des personnes qui distribuent du contenu sur leurs réseaux sociaux et dont les avis peuvent influencer les modes de consommation de leurs abonnés.

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De grandes stars et des millions d’abonnés sur YouTube, Instagram, Snapchat ou TikTok.

Un vecteur publicitaire auquel les marques ne peuvent échapper : dit « marketing d’influence », le paiement des influenceurs pour promouvoir les produits a explosé ces dernières années.

En 2021, il représentera un marché mondial estimé à environ 12 milliards d’euros, une simple publication sur les réseaux sociaux peut rapporter des dizaines de milliers d’euros aux gros influenceurs.

“Amis payants”

Lundi, la DGCCRF a annoncé une enquête accablante sur les pratiques commerciales du secteur.

Sur plus de 60 agences et influenceurs ciblés d’ici 2021, 60 % ne respectent pas les réglementations en matière de publicité et de droits des consommateurs.

Au menu, selon la DGCCRF, des fraudes sur les produits vendus, la promotion de paris sportifs à risque, voire des injections par des “esthéticiennes et non professionnels de santé”.

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Face à ces polémiques, les agences spécialisées dans la relation entre marques et influenceurs ont annoncé le 18 janvier la création de la première fédération professionnelle, l’Umicc (Confederation of Influencer Professions and Content Creators).

Elle entend imposer des règles à ses membres, dont l’obligation de résidence fiscale pour les agences en France et les créateurs de contenus dans l’Union européenne.

Cela exclut effectivement les célébrités opérant à partir de Dubaï, une résidence fiscalement avantageuse appréciée des influenceurs.

Pour l’économiste des médias Olivier Bomsel, donner aux influenceurs un “statut d’éditeur” est urgent pour lever l’ambiguïté sur leur rapport au public.

“Il faut les prendre comme des panneaux d’affichage”, dit-il à l’AFP. “Il est important de montrer qu’ils ont un statut commercial et non un statut d’ami gratuit. Ce sont des amis payés et payés.”

25/01/2023 18:42:12 – Paris (AFP) – © 2023 AFP

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