« À Pôle emploi, nous insistons sur la personnalisation »

Ramin Soltani, consultant au bureau Pôle emploi de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a le sourire aux lèvres : un coiffeur qui voulait désespérément retrouver son employé disparu a signé un contrat cette semaine “une personne titulaire d’un diplôme de coiffeur qui n’a pas travaillé depuis dix ans et était au RSA”.

Le consultant était initialement un peu inquiet sur sa capacité à se réinsérer après avoir été chômeur de longue durée, il lui a donc proposé une période d’immersion professionnelle pour lui laisser le temps de réapprendre les réflexes de la vie professionnelle. “Mais le barbier voulait qu’il commence tout de suite, Explique le. Je continuerai à les suivre : il est important que le salarié sache que Pôle emploi ne le lâchera pas. »

“Faire une adéquation avec ce que demandent les entreprises”

Soltani Ramin y travaille depuis près de dix ans et a constaté que le service public de l’emploi avait changé : « Aujourd’hui, les compétences comptent bien plus qu’un diplôme. Nous essayons de “faire correspondre” les demandes de ces entreprises. »

“Nous mettons beaucoup plus l’accent sur l’accompagnement et la personnalisation”confirme Karima Ziani, responsable du service commercial de l’agence, qui décroche aussi sans hésiter le téléphone pour tenter de résoudre le problème de garde d’enfants d’un candidat avec la mairie. “Nous coopérons également avec la représentation locale (NDLR, responsable de l’emploi des jeunes), – Il continue. Beaucoup de jeunes n’ont aucune idée des processus de recrutement. »

“Toute une partie de la population ne sait plus ce qu’est un contrat de travail”

“Toute une partie de la population ne sait plus ce qu’est un contrat de travail”note Louise de Sabran, directrice commerciale de la chaîne de confiserie spécialisée « Aux Merveilleux », habituée à présenter des jeunes en Pôle emploi immersion.

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Ainsi, Johanna Harle, qui a été empêchée de terminer sa thèse par le Covid, s’est retrouvée au chômage lorsqu’elle a obtenu une maîtrise en sciences du climat et n’était que confiseuse à domicile.

« Alors on recrute en fonction du savoir-faire »

Loin d’être un obstacle pour « Aux Merveilleux » : « Nous ne proposons qu’un seul gâteau. Vous n’avez donc pas besoin de connaître toutes les pâtisseries, se souvient Louise de Sabran. Plus qu’un savoir-faire, nous recrutons donc des compétences relationnelles : nous savons travailler en équipe, être rigoureux, et avons l’envie d’apprendre et d’évoluer. »

Critères clairement remplis par Johanna Harle qui a intégré le programme de formation interne après moins d’un an de travail en atelier pour devenir directrice adjointe de la boutique de Boulogne-Billancourt. “L’équipe de jeunes mise à disposition par Pôle emploi est importante pour nous”reconnaît Louise de Sabran, soulagée d’avoir fini de recruter avant les vacances de Noël. “Les entreprises sont surprises par les services que nous proposons” bienvenue Karima Ziani qui est toujours en contact pour anticiper vos besoins.

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« Une plus grande diversité dans nos recrutements »

Pôle emploi ne comble pas seulement le vide des services de recrutement de main-d’œuvre pour les artisans ou les PME. Il propose également son expertise aux grands groupes. C’est le cas de Renault Digital qui accueille depuis 2019 une « université inclusive » quasiment en face de l’île Seguin, sur le site des anciennes usines Renault de Billancourt. Pôle emploi a présenté les candidats à la formation en alternance de près de deux ans aux métiers du numérique.

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“Dans ce métier, il n’est pas d’usage de passer par le service de l’emploi de l’Etatreconnaît Guillermo Correa Garda, responsable des ressources humaines chez Renault Digital. Nous sommes très satisfaits de la qualité de nos étudiants. Cela nous permet aussi d’être plus diversifiés dans le recrutement, notamment pour les femmes. »

“J’étais graphiste, mais je voulais me tourner vers les métiers du numérique. Si vous vous réorientez, ils reçoivent rarement une formation avec un vrai contenu et une offre d’emploi sérieuse”, dit Victoria Ramirez. Comme les quinze membres de sa promotion, la jeune maman est depuis employée par Renault Digital en CDI. Et Guillermo Correa Garda assure : “Aucun des participants à la formation n’est au chômage. »

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